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Solutions commerciales et financières des banques françaises face à la réglementation prudentielle

Les contraintes imposées par le comité de Bâle vont obliger les banques à modifier la structure de leur bilan et à orienter leurs activités vers des métiers moins couteux en fonds propres. Le modèle de Banque Universelle des banques françaises est également menacé d’une réforme nationale à la manière des banques américaines ou anglaises.

Cette situation contraignante en terme de fonds propres est semblable au fonctionnement des banques Japonaises dont un ratio de capital minimum les empêche de distribuer trop de crédit.

Les banques françaises tentent d’anticiper cette mutation de la profession avec une stratégie de cession d’actifs et d’adaptation du passif de leur bilan.

Stratégie de cession d’actifs

Solution financière

Pour s’adapter à la règlementation prudentielle et anticiper des mesures futures, les banques adaptent la structure de leurs actifs. La solution de la titrisation ne séduit plus autant les investisseurs, les activités trop risquées des banques restent alors en bilan et s’avèrent couteuses en fonds propres. Les banques auraient intérêt s’en séparer. Les banques vont privilégier les actifs à court terme mais le financement de l’économie réelle peut être compromis, même si les banques affichent par coquetterie des encours de crédit aux PME en hausse en 2011.

La diversification du portefeuille de prêt des banques a un rôle primordial car il favorise un meilleur monitoring de ces derniers et donc une amélioration de la stabilité financière.

Parmi les cessions d’actifs récentes, BNP Paribas a vendu un portefeuille de prêt nord-américains au secteur énergétique à Wells Fargo ; la banque de financement et d’investissement du Crédit Agricole a cédé 8 milliards d’euros de prêt et Natixis souhaite s’alléger d’un portefeuille de 200 millions d’euros dans le capital investissement.

Cette stratégie de cession d’actifs s’explique par la réglementation prudentielle qui est plus exigeante en terme d’évaluation des risques et restrictive sur l’éligibilité des fonds propres.

Enfin pour baisser leur effet levier, les banques vont rationnaliser leurs participations dans les filiales pour ne consolider que les moins couteuses.

Solution commerciale

Certaines activités trop couteuses sont délaissées par les banques. C’est le cas dans les banques de financement et d’investissement avec des réductions d’effectifs à la clé : BNP Paribas se sépare de 1400 postes, 1500 suppressions d’emploi à la Société Générale CIB et 1750 postes aux Crédit Agricole CIB.

En effet ce sont les banques de financement et d’investissement qui développent les activités les plus couteuses en fonds propres telles que le financement en dollars. Les banques pourraient limiter ainsi leurs investissements dans les activités de crédit qui n’apportent pas de dépôt de retour telles que l’immobilier, le crédit à la consommation, le capital investissement, ou le financement de projets.

Adaptation de la structure du passif

Solution financière

Afin de respecter la règlementation tout en assurant la continuité des principales activités, les banques utilisent des outils de financement à plus long terme comme les covered bonds, des obligations sécurisées. Ces outils de financement ne sont pas nouveaux mais leur utilisation est de plus en plus judicieuse pour les banques qui souhaitent favoriser la distribution de crédits à l’économie réelle. Les covered bonds sont appréciés des investisseurs pour leur aspect sécurisant. En effet les investisseurs bénéficient de meilleures de garanties, de plus le financement est adapté pour les établissements bancaires dans le cadre de Bâle III et pour les compagnies d’assurance sous Solvabilité II.

Les covered bonds permettent d’augmenter la maturité et la stabilité du passif afin de financer plus facilement les actifs. L’enjeu est également d’assurer un coussin de liquidité adapté à la règlementation de Bâle III.

Solution commerciale

Pour adapter le passif à la réglementation prudentielle, il est aussi possible de développer la maturité de l’épargne des ménages en modifiant les conditions des retraits anticipés sur les livrets ou mettant en place une politique commerciale adaptée.

Les banques vont alors dynamiser la collecte pour continuer à distribuer du crédit, pour cela il faut mettre en place des offres attractives, forcément plus couteuse pour la banque, mais qui auront l’avantage de conserver les ressources plus longtemps au bilan.

Par exemple les banques proposent des Dépôts à Terme à taux boosté ou le 13ème mois offert sur le Plan Epargne Logement. Des opérations de collecte qui orientent la clientèle vers de l ‘épargne bilan, contrairement à l’assurance vie qui est un des placements préférés des français mais que les établissements financiers ne conservent pas en bilan.

Des solutions coûteuses

Cette stratégie qui consiste à capter de l’épargne stable des clients et à se financer avec des Covered Bonds s’avère couteuse pour les banques mais primordiale pour assurer la continuité de leurs activités de financement de l’économie réelle. Comme toute entreprise, les banques vont devoir réaffecter ces coûts supplémentaires à la clientèle pour maintenir leur rentabilité.

Rappel sur la gestion Actif / Passif des banques

Les banques doivent se constituer des ressources à plus ou moins long terme pour financer ses actifs, notamment les prêts à l’économie réelle. Les emplois et les ressources de la banque ayant différentes maturités, le travail de la banque consiste à collecter des ressources à court terme pour les distribuer à plus long terme, on parle alors d’intermédiation.

Au passif, les emprunts interbancaires permettent de gérer la trésorerie quotidienne grâce à leur liquidité. Cependant l’assèchement du marché interbancaire pousse les banques à emprunter plus d’argent à la Banque Centrale Européenne.

Les dépôts de la clientèle sont une ressource à court et moyen terme qui convient de développer car elle permet de financer l’économie réelle.

Une bonne partie des ressources stables est constituée par les certificats de dépôts et les obligations. La maturité plus élevée de cette ressource est utilisée pour des financements à plus long terme.

Enfin l’élément clé du passif, garant de la solvabilité de la banque, est représenté par les fonds propres. Lors des publications de résultats, les françaises ont affirmé qu’elles n’auront pas besoin de réaliser d’augmentation de capital pour se conformer à Bâle III. Donc plutôt que de réaliser des recapitalisations, les banques françaises semblent choisir de réduire la taille de leur bilan.

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David Audran

Responsable du blog CultureBanque. Expérience professionnelle en banque de détail, finance d’entreprise et analyse financière.

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