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Les néobanques en quête de rentabilité

Selon une étude réalisée par l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) en 2019, en à peine deux ans, le nombre de comptes courants ouverts dans les néobanques a été multiplié par 2,5. Plus concrètement, cela représente 2 millions de clients conquis en 2019, soit une augmentation de 75 % par rapport à l’année précédente, sans compter les nouveaux entrants en 2020. Par ailleurs, dans cette dynamique, 31 % des clients de néobanques ont l’intention d’accroître leur utilisation des services proposés. Pourtant, aussi surprenant que cela puisse paraître, ces enseignes ont encore des difficultés à être rentables.

Les néobanques, des institutions qui peinent à être rentables

Selon cette même étude, les néobanques ont beaucoup de difficultés à être lucratives et à se dégager un résultat net positif. Alors, comment expliquer ce phénomène si l’on en croit l’évolution constante des chiffres de ces enseignes ? En réalité, pour réaliser leur conquête, les néobanques octroient d’importantes primes d’ouverture de compte. Les parrainages sont également nombreux. Or, cela coûte extrêmement d’argent. Par ailleurs, puisqu’il s’agit de nouvelles enseignes, ces dernières supportent d’importants montants d’investissements.

Dans ce contexte, pour se financer et se développer, les néobanques font appel à d’importantes levées de fonds. Croyant fermement à l’avenir de ce système, les investisseurs sont nombreux à s’impliquer et à espérer des valorisations conséquentes de leurs actifs.

Une rentabilité en amélioration progressive

Notons tout de même que ces propos sont à nuancer et que l’ACPR constate une amélioration progressive de la rentabilité des néobanques. Peu à peu, les investissements lourds de départ s’amortissent. Nombreux sont les clients à se laisser séduire par ces offres accessibles et peu onéreuses, de plus en plus diversifiées. De même, pour se démarquer, de plus en plus de néobanques couplent une gestion financière dématérialisée à une interaction humaine, en agence. De nombreuses néobanques permettent ainsi à leurs clients de rencontrer un conseiller physiquement, pour certaines opérations spécifiques. Exemple : Nickel au bureau de Tabac, C-Zam avec Carrefour Banque (offre arrêtée), ou les banques en lignes Monabanq et Hello Bank! pour le dépôt de chèque dans une agence bancaire.

Fortes de ces atouts, les néobanques visent une rentabilité certaine. Cependant, cette dernière ne peut être envisagée sur du court terme. Généralement, les premières années consécutives à la création d’une néobanque affichent des résultats négatifs, mais ces derniers progressent rapidement. Cette amélioration du résultat net s’explique par la diminution des coûts couplés à la progression du nombre de clients.

Plusieurs stratégies pour atteindre la rentabilité

Dans ce contexte et cette quête de rentabilité, les néobanques déploient plusieurs stratégies pour attirer de nombreux clients : 

  • La stratégie défensive consiste à s’adapter aux offres les plus agressives et innovantes des enseignes concurrentes ; 
  • La stratégie de start-up mise sur la proposition de produits innovants ; 
  • Enfin, la recherche des effets de réseau compte sur un partenariat avec des enseignes traditionnelles, présentes physiquement sur le territoire.

Pour atteindre plus de rentabilité, l’acquisition de nouveaux clients est un enjeu majeur. C’est d’ailleurs pour cela que les néobanques n’hésitent pas à proposer des offres de bienvenue. Sur le long terme, le coût d’acquisition des clients est finalement compensé, à condition que ces derniers soient des clients actifs. En ce sens, les néobanques font tout leur possible pour stimuler l’engagement de leur clientèle, notamment par la proposition d’une gamme de produits toujours plus étoffée, par encore au niveau des banques traditionnelles. Peu à peu, les néobanques ne se placent plus comme des acteurs financiers secondaires mais deviennent des institutions redoutablement concurrentielles.

https://acpr.banque-france.fr/sites/default/files/medias/documents/2020_etude_neobanques_as_publication.pdf

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David Audran

Responsable du blog CultureBanque. Expérience professionnelle en banque de détail, finance d'entreprise et analyse financière.

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