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Les entreprises trouvent d’autres sources de financement pour s’endetter

Dans ce contexte règlementaire fort, associé à la crise économique et financière, les banques deviennent plus vigilantes sur la qualité de leurs contreparties pour éviter de subir des défauts. Les conditions d’octroi de financements bancaires des entreprises devraient se durcir, ainsi les entreprises s’orientent vers d’autres sources de financement. Dans un article précédent nous avons vu que les banques ralentissent l’activité de crédit aux entreprises !

Les entreprises trouvent d’autres sources de financement pour s’endetter.

La santé financière des entreprises qui se dégrade

Un des facteurs amplificateurs du désamour des banques pour le financement des entreprises est leur santé financière en baisse et la hausse des risques.

Cette évolution négative de la situation des PME en France oblige les banques à pondérer plus fortement leurs fonds propres dans le cadre de Bâle III. Une évolution embarrassante car comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous, les entreprises se portent assez mal depuis 2009, avec une situation en dents de scie ces deux dernières années.

Le graphique ci-dessous confirme les craintes sur la santé des entreprises. Le nombre de défaillances d’entreprises reste très élevé depuis 2009 au rythme de 3000 défaillances mensuelles.

Une situation qui oblige les banques à passer de nombreuses provisions pour pertes, ce qui pèse sur leur rentabilité et leurs fonds propres.

Les entreprises prennent leur indépendance face au banquier

Face au manque de soutien des banques les entreprises Françaises puisent dans leurs propres ressources financières, leur trésorerie.

Le graphique ci-dessous dévoile qu’un point historiquement bas de la trésorerie des entreprises Françaises avait été atteint en 2009.

On voit aussi sur le graphique que le résultat d’exploitation des entreprises a été fortement dégradé de 2008 à 2010, ainsi on comprend mieux les décisions des banques en terme de gestion des risques.

La demande de financement bancaire est en baisse

Les banques ne sont pas les seules fautives de ce climat d’affaires dégradé, en effet les perspectives de croissances faibles (voir tableau à droite) dissuadent les entreprises à investir.

La confiance des entrepreneurs est primordiale au bon développement des PME, cependant les entreprises repoussent leurs projets d’investissements en attendant de meilleurs jours.

Le graphique ci-dessous démontre que ci les banques reçoivent moins de demandes de financement de la part de leur clientèle d’entreprises.

La raréfaction du crédit peut donc être lié à deux facteurs :

  • Les critères d’octroi du crédit aux entrepises de plus en plus strict, car les banques gèrent les risques de façon à diminuer le coût des fonds propres,
  • Le report des investissements des entreprises à cause du contexte économique défavorable.

Une situation que l’on retrouve dans toute l’Europe d’après le graphique ci-dessous. On remarque que la confiance des entrepreneurs était au plus bas de 2009 à 2010.

Le financement obligataire se développe face au financement bancaire

La règlementation prudentielle contraint les banques à réduire la voilure du crédit, ainsi les entreprises doivent faire appel au marché obligataire pour se financer. Le graphique ci-dessous montre que le pourcentage des financements obligataires prend une proportion de plus en importante dans les nouvelles dettes des entreprises Européennes.

L’année 2012 constitue un nouveau record pour le financement obligataire européen, plus de 50% des nouveaux financements ont été effectués via des titres de dette.

D’après Macus Hisman, le responsable Européen de la finance d’entreprises chez Morgan Stanley (Dans The Economist), le développement du marché obligataire d’entreprises est en hausse grâce à l’appétit des investisseurs tels que les compagnies d’assurance, les fonds d’investissements ou d’autres entreprises pour faire fructifier leur trésorerie en dehors des banques.

Les données de la Banque de France permettent de mieux analyser la structure de la dette des entreprises, le graphique ci-dessous distingue les différentes sources de financement en fonction de la taille des entreprises Françaises.

  • La part de la dette d’origine bancaire (court, moyen et long terme) est en baisse ces trois dernières années, passant de 25,6% à 19,5% (-6,1 points) pour les grandes entreprises et de 55,5% à 50,9%(-4,6 points) pour les entreprises de taille intermédiaire. Seul les PME garde un ratio stable.
  • En revanche la part des financements d’origine obligataire est en hausse durant la même période, notamment en passant de 29% à 34,5% (+4,6 points) pour les grandes entreprises et de 9,4% à 11,8% (+2,4 points) pour les entreprises de taille intermédiaire. Ce type de financement ne se développe pas pour les PME, il faut donc réaliser des financements obligataires mutualisés.

Plus d’information sur le crédit et le financement sur CultureBanque

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David Audran

Responsable du blog CultureBanque. Expérience professionnelle en banque de détail, finance d'entreprise et analyse financière.

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