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Facebook au NASDAQ : un flop ?

Par 23 mai 20122 commentaires4 minutes de lecture
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Le cours de Facebook est en chute libre. AprĂšs un dĂ©but de cotation retardĂ©, l’action a commencĂ© Ă  42$, elle a passĂ© l’essentiel de la sĂ©ance de vendredi Ă  tenter de se maintenir au-dessus du cours d’introduction (38$), et puis au deuxiĂšme jour de cotation, elle franchit ce seuil Ă  34$ (-11%) pour afficher encore hier une baisse de prĂšs de 9% Ă  31$.

Un coupable tout dĂ©signé ? Morgan Stanley, principal chef de file de l’opĂ©ration – pour ne pas dire ‘’le vrai’’ aux cĂŽtĂ© de deux autres gĂ©ants – a voulu pousser le prix d’introduction au plus haut et n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  livrer beaucoup plus qu’il n’en faut Ă  ses clients, pour ateindre une valorisation proche des 100Mds$.

A l’heure oĂč j’écris ses lignes, la MarketCap de FB affiche 72,7Mds$. Facebook vaut vraiment ça ? Petit exercice de valorisation.

Partant du document publiĂ© pour l’occasion (le S-1 filings, par ici), nous faisons ressortir les chiffres nĂ©cessaires pour une estimation de valorisation.

L’historique

  • Un chiffre d’affaires de 777M$ en 2009, qui passe Ă  1,9Mds$ en 2010 (+150%) puis 3,7Mds$ en 2011 (+88%).
  • Un EBIT avant impĂŽt de 1,7Mds$ en 2011 et un rĂ©sultat net de 1Mds$.
  • Une equity value de 5,2Mds$ et une dette ridicule : 398M$. Rajoutons des engagements hors bilan de 776M$ nous obtenons donc une dette de 1,1Mds$.

Le futur

Tout le monde est d’accord que FB est en phase de croissance â€˜â€™Ă©levĂ©e’’. Avec un CA en croissance de 150% en 2010 puis de 88% en 2011, il serait irrationnel de s’aligner sur ces taux de croissance en les extrapolant sur les annĂ©es Ă  venir. Ne nous emballons pas et prenant l’hypothĂšse prudente d’un taux de croissance de 40% sur les 5 prochaines annĂ©es, normalisĂ© Ă  2% aprĂšs 10 ans. Ces hypothĂšses dĂ©coulent d’une comparaison avec Google, dont le business modĂšle – basĂ© sur la publicitĂ© – ressemble Ă  celui de Facebook (hypothĂšse de marge opĂ©rationnelle de 35% vs plus de 45% aujourd’hui).

Les cash-flows

avec des CAPEX de 283M$, une acquisition qui a coutĂ© 24M$ et une augmentation de capital de 480M$, prenons l’hypothĂšse d’un retour sur investissement de l’ordre de 30%.

Et le coût du capital ?

En moyenne Ă©gal Ă  11% pour toutes les entreprises amĂ©ricaines, Facebook n’ayant quasiment pas de dette, et un futur disons prometteur, admettons un WACC ajustĂ© de 8%.

 → Maintenant qu’on a tout ces Ă©lĂ©ments, une actualisation des FCF + la valeur terminale donne une VE de 71,2Mds$, soit Ă  peu prĂšs sa capitalisation actuelle. En ajustant avec la dette nette (dette – cash) on obtient une valeur de 71,6Mds$.

Une simulation de Damodaran 

Source : Aswath Damodaran

Ce qu’on peut en tirer c’est que qu’il y a 10% de chance que la valorisation de FB soit infĂ©rieure Ă  43Mds$, et autant de chance qu’elle soit supĂ©rieure Ă  117Mds$. La mĂ©diane Ă©tant 70Mds$, et le plus gros de la probabilitĂ© se situe autour de 50Mds$ (Ă  peu prĂšs ce qu’a payĂ© Goldman Sachs pour 1% de FB – 500M$) ce qui me parait plutĂŽt logique.

Alors Facebook surĂ©valué ? Quelques raisons d’y croire :

  • FB est mieux valorisĂ© que Google avant l’IPO (Ă  100Mds$, c’est une P/E = 100 et un EV/sales = 27 !
  • FB est moins performant que Google avant l’IPO (64% de croissance prĂ©vu en 2012 vs 88% en 2011, ralentissement
  • Objectif 2 Mds d’utilisateurs, le chiffre d’affaire ne suivra pas proportionnellement
  • Un rendement publicitĂ© en baisse, voire mĂȘme une efficacitĂ© publicitaire mise en doute
  • l’avenir se jouant sur le mobile et plus exactement les Smartphones, et la pub ?

Et ne manquez pas l’actualitĂ© financiĂšre sur CultureBanque!

Hicham

Spécialiste de l'analyse financiÚre et de la valorisation boursiÚre.

2 commentaires

  • LST dit :

    Ahlala…ces analystes !! Aucune vision du contexte, aucun recul sur le business modĂšle, aucune analyse sociale!

    Vous ĂȘtes dans le vrais quand vous dites que Facebook a le mĂȘme mĂ©tier que Google ! Par contre, il serait peut ĂȘtre temps de se demander POURQUOI aprĂšs 7 ans d’existence, et bien plus d’utilisateur que Google aprĂšs ces mĂȘme 7 ans d’existences, ils font beaucoup moins de CA, de bĂ©nĂ©fice, et ont une croissance plus faible !!

    Allez , je vous trouve la rĂ©ponse : « RECHERCHE »! Une recherche indique un Ă©tat de manque, et dans ce contexte, une sociĂ©tĂ© basĂ© sur la publicitĂ© a toutes les chances de proposer un produit qui conviennent Ă  un internaute…

    Et sur Facebook, on cherche quoi déjà?? Est ce que les gens apprécient, quand ils vont voir les profils de leur pair, voir apparaßtre les pubs vantant les mérites de certaines pilules bleues?

    Une fois compris ce principe de base proche de celui de l’offre et de la demande…ne vous Ă©tonnez pas que certaines viennent rĂ©pĂ©ter, depuis des annĂ©es, que Facebook n’est que du vent et qu’ils vont se noyer…

    Gloup..gloup..gloup….

  • pierrenoire dit :

    comme disait Warren :  » une sociĂ©tĂ© ne vaut que ce que l’on est prĂȘt Ă  payer pour l’avoir ».
    FB n’est que du vent, les banques soutiennent le cours pour justifier les fees (68M USD touchĂ©s par Morgan Stanley !) et le modĂšle Ă©conomique n’est pas viable… CERTES. Mais comme pour beaucoup de valeurs, le parie est tentĂ©. Les biotechnologies ne valent pas grand chose mais peuvent exploser Ă  la moindre dĂ©couverte d’envergure. FB nous cache peut-ĂȘtre certains projets.
    cdlt

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