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La rentabilité bancaire et la macroéconomie

L’évolution du contexte macroéconomique a contribué à la bonne rentabilité des banques françaises. Le mouvement prononcé de baisse des taux d’intérêt à court et long termes, et la diminution du coût du risque, ont été déterminants dans l’évolution de la rentabilité des banques françaises ces 10 dernières années.

L’évolution de la conjoncture macroéconomique

La baisse des taux d’intérêts et du coût du risque ont permis aux banques de développer fortement leur offre de crédit (notamment sous forme de prêt à l’habitat).

Sur le marché des crédits, une vive concurrence s’est ainsi développée entre les banques. Même sur des emplois longs tels que les prêts immobiliers, celle-ci a exercé une forte pression  à la baisse sur les marges d’intérêt, car le crédit à l’habitat est devenu en France, ces dernières années, essentiellement un produit d’appel permettant aux banques d’attirer de nouveaux clients et de fidéliser ces clients sur le long terme.

Dès lors, à l’exception du groupe des Caisses d’épargne, les commissions perçues pour le traitement des diverses opérations représentent désormais plus de 50% du PNB de toutes les grandes banques françaises à réseau.

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Ce renversement en faveur d’une rémunération moins sujette à l’évolution de la courbe des taux a été activement favorisée par les établissements de crédit, avec un empressement qui a suscité de vives critiques chez leurs clients quant à la justification et à la transparence des frais ainsi facturés.

Les banques françaises était loin d’être les plus compétitives place dans le classement des banques mondiales établi en fonction de leur rentabilité en 1997. A la sortie de la crise bancaire, elle ont réussi un net redressement en ce domaine. Grâce à l’importance qu’elles accordent aux activités de banque de détail, elles sont moins touchées que d’autres par la montée des risques qui affectent les résultats de beaucoup de banques étrangères.

Désormais les banques françaises se situent dans la moyenne des plus grandes banques européennes, hormis Dexia. Les banques au ROE le plus élevé sont majoritairement les banques britanniques, réputées pour avoir une grande partie de leur PNB généré par les commissions. On peut dès lors estimé que la rentabilité est plus importante lorsque les frais généraux sont eux-mêmes élevés. Les banques françaises n’ont pas cette culture anglo-saxonne de la facturation à tout va mais dégagent tout de même une bonne rentabilité générale.

Cette bonne santé du système bancaire français fut prouvée par le remboursement très rapide des aides que l’Etat avait alloué aux banques françaises pour passer plus sereinement la crise financière.

Les impacts en terme d’exploitation 

Le secteur bancaire français est arrivé à maturité dans la mesure où il n’existe quasiment plus de banques indépendantes de petite ou de moyenne taille. Contrairement à une idée reçue, une vive concurrence s’exerce néanmoins entre les sept premiers groupes sur l’ensemble des métiers, dans la banque de détail en particulier, aucun ne pouvant se prévaloir d’une position dominante à  l’échelle nationale. Même s’il en est tout autre en matière d’Asset Management ou de Corporate Finance.

Des études comparatives prenant en compte les différences de structure de consommation de services bancaires aux particuliers entre les pays tendent à montrer que les tarifs des banques françaises s’inscrivent dans la moyenne européenne.

La concurrence se fait principalement par les taux de crédits immobiliers, ce qui a comprimé les marges d’intérêt. Même si cela n’a pas impacté négativement les résultats du secteur bancaire français dans son ensemble ces dernières années, cela crée néanmoins une situation qui pourrait s’avérer dangereuse en termes de risque. Les crédits distribués n’intégrant pas tous le coût du risque réellement supporté par les banques. La solvabilité des banques repose ainsi de plus en plus sur leurs fonds propres. Lesquels, soit injectés dans la production de crédits, soit placés ou engagés dans des opérations de croissance externe, sont également exposés à des risques. L’exemple des crédits primes et subprimes –seulement primes en France en est la preuve puisqu’après une distribution de crédits « pourris », cette morosité a contaminé les opérations de croissance qui ont donc été amorphe.

Dès 1995, le Gouverneur de la Banque de France pouvait ainsi s’inquiéter publiquement de l’évolution de la concurrence entre banques en matière de taux, dès lors que ceux-ci ne paraissaient plus suffire à intégrer le coût de la ressource mais aussi des coûts opératoires, la couverture normale du risque, ainsi qu’une rémunération minimale des fonds propres. De là, la mise en place d’un seuil des crédits à taux anormalement bas, dit « Seuil Trichet », en dessous duquel les établissements de crédit sont tenus d’informer leur conseil d’administration, leurs commissaires aux comptes et la Commission bancaire a été entreprise.

Ainsi, un environnement bancaire a été créé en France, que beaucoup d’analystes financiers jugent moins favorable car exposé à une faible rémunération des crédits et aux fortes contraintes en matière de lutte contre le surendettement. Sans présenter de perspectives immédiates de rapprochements entre groupes, à l’exception du projet de rapprochement Banque Populaire – Caisse d’Epargne, du fait notamment du statut particulier des établissements mutualistes. Cela explique pour partie le fait que les banques françaises affichent une valorisation boursière légèrement inférieure à celle de leurs homologues d’autres pays.

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Jimmy LM

J'interviens dans la rubrique "Etudes et Carrière" de CultureBanque. Etudes et expériences professionnelles en finance

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