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Approches de la rentabilité des banques françaises

La rentabilité d’un établissement de crédit représente son aptitude à dégager de son exploitation des gains suffisants pour poursuivre durablement son activité, après déduction des coûts d’exploitation.

Différentes visions de la rentabilité des banques

Il existe plusieurs façons d’apprécier la rentabilité bancaire.

Pour les actionnaires, le rapport du résultat net aux fonds propres met en évidence le rendement de leur investissement. Cette vision s’accommode d’une sous-capitalisation structurelle des établissements, un bon coefficient de rentabilité pouvant provenir d’un faible niveau de fonds propres. Les dirigeants doivent à la fois assurer à l’actionnaire un rendement satisfaisant, pour éviter les augmentations de capital, et conforter la situation financière afin de maintenir l’activité de l’établissement.

Les analystes extérieurs privilégient la structure financière mesurée par le ratio fonds propres sur total de bilan. Celui-ci, combiné avec le coefficient de rentabilité, permet d’obtenir le ratio « résultat net sur total de bilan », appelé coefficient de rendement. L’inconvénient de cette approche est qu’elle place tous les actifs sur un même plan, alors que leurs risques sont différents, et qu’elle néglige les activités de hors bilan, qui se sont beaucoup développées au cours des dernières années.

De ce fait, les autorités prudentielles utilisent plusieurs de ces instruments d’appréciation de la rentabilité. La vue d’ensemble permet de dégager une opinion sur la rentabilité d’un établissement. Dans une optique comparative où chaque type de métier bancaire a ses propres contraintes de rentabilité. C’est pourquoi la Commission Bancaire a développé des analyses par groupes homogènes d’activités qui permettent de procéder à des comparaisons plus fines.

La rentabilité bancaire durable

La rentabilité à court terme est indispensable, du point de vue actionnariat, pour les banques. Cependant, elle ne doit en aucun cas amputer une rentabilité durable.

Une rentabilité significative est, pour le secteur bancaire, un élément déterminant de stabilité. Les autorités suivent de près les acteurs dont les opérations ont des coefficients d’exploitation excessifs.

De plus, elle engendrera des bénéfices qui constituent la source majeure de renforcement des structures financières et donc du développement des activités bancaires. Ils permettent de couvrir une partie des risques –par la constitution de réserves et de provisions– mais aussi d’accroitre les fonds propres dans le but d’affronter les chocs économiques et financiers auxquels les établissements. Cette politique permettra en aval de protéger les déposants et les créanciers et donc d’assainir la politique actionnariale dans le but d’entreprendre une politique de rentabilité durable.

La crise de 2008 nous a prouvé que des fonds propres très importants permettaient aisément de passer les chocs sans trop de grabuge. Au contraire, de nombreuses banques ayant trop peu de fonds propres pour faire face à la récession (Merril Lynch, Bear Stearns) ont du être rachetées, et d’autres ont même dû déposer le bilan (CIT Group).

Les banques face à la concurrence

La rentabilité est bien indispensable. Elle est également dynamisée par la concurrence qui se fait vive si on prend du recul sur l’international.

Devant se préparer à affronter une vive concurrence internationale et des marchés de plus en plus globaux, les banques sont désormais obligées de privilégier certaines activités cycliques. Beaucoup d’entre elles se sont ainsi réorientées vers la banque de détail, les banques anglaises, françaises et espagnoles, tout particulièrement.

Leur but est de rechercher des sources de revenus stables et de long terme ayant un effet de « lissage » des cycles économiques ainsi que sur les placements qu’ils proposent. De ce fait, elles n’hésitent plus à investir aujourd’hui dans certains types d’infrastructures et à s’intéresser au développement des partenariats publics ou privés, apparus il y a une vingtaine d’années dans les pays anglo-saxons. Sur ce denier marché, les deux premiers établissements internationaux sont français : Dexia et la Société générale. Le modèle de banque universelle parait être un bon moyen de lissage des cycles économiques.

On peut cependant se demander si le modèle de « banque universelle » n’est pas trop communément adopté par les établissements français. Tous développant des offres comparables à l’adresse des mêmes segments privilégiés de clientèle. Cette politique pèse sur la rentabilité de tous, sans permettre à aucun d’acquérir une position plus que moyenne, à l’échelle internationale, dans ses principaux métiers. C’est particulièrement visible dans l’offre développée vis-à-vis des grandes entreprises, marquée par des surcapacités dans un contexte où, depuis plusieurs années, le niveau d’autofinancement de ces entreprises est élevé. Seul le métier de banque de financement et d’investissement (BFI) permet aux banques françaises, par l’intermédiaire de la Société Générale et de la BNP Paribas, de tirer son épingle du jeu sur le plan international, de même pour la gestion d’actifs avec Amundi (Crédit Agricole & Société Générale).

Ces 20 dernières années, les modifications législatives ont permis aux banques françaises de sortir du territoire et de gagner des parts de marché à l’international. Celles-ci se doivent d’être très rentables pour pouvoir contrecarrer l’hégémonie des banques anglo-saxonnes et américaines.

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Jimmy LM

J'interviens dans la rubrique "Etudes et Carrière" de CultureBanque. Etudes et expériences professionnelles en finance

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