Culture Banque
Culture Banque > Crédit > Le Capital Investissement en France, le retour des LBO !

Le Capital Investissement en France, le retour des LBO !

Le Private Equity, traduit en français par Capital Investissement, représente une forme spécifique d’investissement institutionnel dans des entreprises privées ayant pour objectif principal de financer leur développement, leur transformation et à plus long terme leur expansion et éventuellement la revente. Le fonds de Private Equity finance l’entreprise en apportant les capitaux nécessaires à son développement et accompagne les managers dans les décisions stratégiques avec un membre du fonds au conseil d’administration.

Les différentes typologies du Private Equity

Les formes les plus courantes de Private Equity sont le Capital Risque, plus connu sous le nom de « Venture Capital », d’une part, désignant des investissements dans la création de sociétés innovantes à fort potentiel de croissance, et les LBO, « Leveraged Buy-Out », de l’autre, désignant l’acquisition d’une part majoritaire d’une entreprise existante via un financement à effet de levier généralement représenté par diverses tranches de dette.

Rapport 2011 de l’Association Française des Investisseurs en Capital (AFIC)

L’AFIC regroupe l’ensemble des structures de Private Equity présentent en France : le Venture Capital, le Capital Développement, les fonds de LBO et le Capital Retournement. L’association, certifiée par l’Autorité des Marchés Financiers compte 270 membres actifs et 180 membres associés représentant tous les métiers du secteur qui accompagnent les investisseurs dans la gestion des partenariats. Comme autres missions, l’AFIC se charge de la déontologie du secteur, du contrôle et du développement des pratiques. Elle est également chargée de la promotion du Capital Investissement auprès des investisseurs institutionnels, entrepreneurs et collectivités.

Selon l’étude annuelle du Capital Investissement en France réalisée par l’AFIC et Grant Thornton, 2011 a annoncé la reprise de la croissance du secteur après un léger rebond amorcé en 2010 tout en confirmant les inquiétudes pesant sur celui-ci.

Ainsi, en 2011, 1 700 entreprises ont bénéficié des fonds du Capital Investissement français, soit un montant global investi de 9,7Mds€ (+48% vs 2010). Ci-dessus (source AFIC), nous pouvons voir que la tendance est à la hausse après un creux en 2009, au pire de la crise, avec 4,1Mds€ d’investissement. Depuis, les investissements ont augmenté de 137%, de manière linéaire.

Parmi les différentes composantes du Capital Investissement, c’est le Capital Développement qui a été le plus dynamique avec 2,9Mds€ d’investissement (+27%). Signe du retour en forme du secteur, les désinvestissements ont représentés 6,2Mds€, similaire au niveau d’avant-crise. Les levées de fonds, elles, restent en deçà du niveau d’avant crise économique mais ressort tout de même à 6,5Mds€ (+28%).

Profil des souscripteurs des levées de fonds au 31 Décembre 2011 en France

D’après ce graphique (chiffres fournis par l’AFIC), nous pouvons voir qu’en 2011 ce sont les Hedge Funds qui ont été les premiers souscripteurs des levées de fonds avec 993M€, devant les banques (901M€) et les compagnies d’assurance (971M€). Cela d’explique par le fait que ces acteurs commencent à allouer leurs liquidités à leurs ressources stables afin de remplir les exigences réglementaires de Bâle III et Solvency II.

Inversement, les personnes physiques continuent d’être de forts souscripteurs (+3,3% à 918M€) avec 14% du total des levées, les liquidités non investies en 2008 et 2009, en prévision d’une longue récession, semblent alimenter les exercices suivants.

Notons également que les fonds provenant des collectivités publiques ont diminué de près de 18% à 810M€.

Globalement, les levées de fonds 2011 ont permis de collecter 6,5Mds€, contre 5Mds€ en 2010 (+28%), tractées par la hausse des souscriptions par les compagnies d’assurance (+137%) et caisses de retraites (+48%). Il est à noter que 65% des levées sont concentrées sur 13 fonds d’investissement.

Si nous comparons la part des montants levés par type de souscripteurs, nous nous rendons compte que 6 acteurs enregistrent chacun une part d’environ 14% des levées en 2011, avec une croissance significative des compagnies d’assurance entre 2010 et 2011 et un recul des Family Office (-32% à 331M€) :

La forte progression des levées de fonds et l’augmentation concomitante de la part des compagnies d’assurance dans le montant total des levées de fonds est à nuancer compte tenu du fait que sur les 971M€ levés en 2011 par cet acteur, 490M€ (51%) viennent de compagnies basées à l’étranger, contre 142M€ sur un total de 410M€ en 2010 (35%). Après avoir vu le profil des souscripteurs de l’activité en France en 2010 et 2011, nous allons nous intéresser aux types d’allocation des levées des fonds suivant les segments du Capital Investissement en 2010 et 2011.

Types d’allocation des levées de fonds par marché en 2010 et 2011

Compte tenu des évolutions des souscriptions et de la conjoncture économique en légère amélioration entre 2010 et 2011, nous assistons à une mutation des allocations. En effet, c’est le marché LBO qui est le principal bénéficiaire de la redistribution des cartes, avec 62% du total des capitaux levés, contre 30% (-31% vs 2010) pour le Capital Développement.

Sur un total de 6,5Mds€ de levée de fonds, le Capital Transmission se voit allouer 4Mds€ contre 1,9Mds€ pour Capital Développement, contre respectivement en 2010 1,4Mds€ et 2,8Mds€.

Cela prouve statistiquement qu’après un exercice 2009 délicat, le marché du LBO reprend sa croissance stoppée en 2008 pour représenter 62% du total des levées de fonds. Le Capital Développement se développe lui davantage en période de croissance économique. Du fait de la récession annoncée dans certains pays de la zone Euro et la faible croissance annoncée en France (+0,5% environ en 2012 pour la France, source FMI), les entreprises tentent davantage de consolider leur position que de prendre des risques dans son expansion.

La baisse de 27% des montants allouer au Capital Risque peut s’expliquer par la baisse de 12% des créations d’entreprises entre 2010 et 2011, à 549 805 entreprises créées contre 622 039 en 2010 (source APCE), habituels clients des fonds de Capital Risque.

Source : données 2010 et 2011 publiées par l’Association Française des Investisseurs en Capital (AFIC).

mm

Jimmy LM

J’interviens dans la rubrique “Etudes et Carrière” de CultureBanque. Etudes et expériences professionnelles en finance

Réagir

Testez une banque en ligne

Banque en ligne ING DirectING Direct : 80€ offerts
→ carte bancaire gratuite
dès 1200€ de revenus

boursorama logoBoursorama : 80€ offerts
→ carte bancaire gratuite
dès 1000€ de revenus

Monabanq : 120€ offerts
Sans condition de revenus
Pour seulement 2€/mois


Newsletter mensuelle

L’offre du moment !