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30 modes de financement pour les entreprises

La banque n’a pas le monopole du financement! Décryptage des différents types de financement pour accompagner les entrepreneurs sur CultureBanque.

Conjoncture défavorable, acharnement fiscale et concurrence internationale, les entrepreneurs Français traversent une période difficile et la défaillance d’entreprises atteint un niveau record cette année.

Les gérants et les responsables financiers doivent utiliser des techniques de financement de plus en plus diversifiées pour faire vivre l’entreprise. Concrètement : payer vos salaires, contributions sociales, règlement des fournisseurs, livrer les clients à temps.

Alors que les banques veulent maitriser leurs risques, les entreprises comptent davantage sur elles-même et la gestion de la trésorerie -ou cash management- devient stratégique.

Les flux de trésorerie d’une entreprise sont composés en 3 grandes masses, qu’il convient de maîtriser pour conserver une bonne qualité de paiement.

Les flux rythmes la vie de l’entreprise…

  • Les flux d’exploitation
  • Les flux d’investissement
  • Les flux de financement

…ce qui impact la trésorerie.

Le déficit ou l’excédent d’une des masses peut-être compensé par une autre. C’est le crédit manager qui pilote cet ensemble, et il a de nombreux leviers a sa dispositions pour y parvenir.

Financement bas de bilan

Le financement du bas de bilan consiste réduire le besoin en fonds de roulement de l’entreprise. Le besoin en fonds de roulement représente le décalage dans le temps entre les encaissements (stock non vendu et délai de paiement accordé aux clients) et les décaissements (paiement des fournisseurs), ce qui creuse la trésorerie.

Assurance crédit

Les difficultés financières d’une entreprise jusqu’au dépôt de bilan sont parfois directement liés à un défaut de paiement d’un client. L’assurance crédit permet de sécuriser le poste client de l’entreprise et d’éviter les mauvaises surprises, notamment pour le commerce international. En cas de retard ou de non-paiement, l’assureur indemnise l’assuré et lui évite ainsi une perte de chiffre d’affaires.

Affacturage

C’est une solutions à la mode en temps de crise (défaut de paiement) et aussi en période de croissance (financement du développement commercial). Le factor réalise une avance de trésorerie à l’entreprise sur la base de factures non échues, puis assume les retards et impayés.

Crédit stock

Les marchandises sont parfois très couteuses et mobilisent une trésorerie importante. Il est possible de disposer d’un crédit dédié au stock prenant fin lors de la vente du bien. Ce financement est rassurant pour le prêteur car il repose sur des biens gagés, mais il est très contraignant administrativement. Le crédit de campagne est un financement similaire qui permet de financer une activité à forte saisonnalité, notamment lors de la constitution des stocks.

Les options

Les options ne sont uniquement un produit financier de spéculation. L’option d’achat permet de fixer à l’avance le prix d’achat des marchandises, ainsi l’entreprise connait à l’avance le montant à décaisser sans subir de variation de prix. Cela fonctionne aussi pour l’option de vente. Ce type de produit financier est particulièrement utilisé pour achats de produits agricoles. En effet les options ont été inventées à Chicago à la fin du XIX pour garantir le prix des récoltes indépendamment des aléas de productions (climat , risque politique…).

Délai de paiement

La politique commercial de l’entreprise influence beaucoup ses besoins de financement à court terme. Une société avec un pouvoir de négociation fort pourra exiger un paiement comptant, un acompte ou un délai de paiement court, ce qui est bénéfique pour la trésorerie. Par contre il faut repousser au maximum l’échéance de paiement des fournisseurs pour conserver sa trésorerie.

Affacturage inversé

Si l’entreprise doit payer rapidement son fournisseur, le reverse factoring sera une solution efficace qui redevient à la mode. En effet c’est la compagnie d’affacturage qui fait l’avance du paiement au fournisseur et l’entreprise conserve le délai de paiement initial. L’affacturage inversé nécessite la conclusion d’un contrat entre l’entreprise et le factor, évidement, mais aussi entre le factor et les fournisseurs, ainsi les fournisseurs auront accès à une plateforme en ligne pour se faire payer comptant.

Caution

Le cautionnement devient obligatoire dans de nombreux cas, elle permet d’éviter à l’entreprise de mobiliser une somme d’argent importante et permet de justifier sa capacité à honorer des travaux ou réparer un préjudice. Par exemple les garanties décennales (pour les constructeurs) ou environnementales (pour les déchèterie) sont très élevées et affecteraient la trésorerie de l’entreprise.

Dispositifs fiscaux

L’Etat soutien l’économie réelle avec des dispositifs fiscaux qui favorisent la trésorerie des entreprises comme le Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi (CICE), le Crédit d’Impôt Recherche (CIR), le Crédit d’Impôt Innovation (CII) ou le Crédit d’Impôt Apprentissage.

Découvert bancaire ou facilité de caisse

Ces financements à court terme permettent à l’entreprise d’afficher un solde débiteur durant une courte durée. Le découvert autorisé représente généralement de 15 jours à 1 mois de chiffre d’affaires (variable selon le secteur d’activité), mais ce n’est pas une autorisation permanente, la banque peut décider de revoir ses engagements à tout moment, de plus les sociétés de créations récentes ne peuvent pas y prétendre facilement.

Escompte commercial

En parallèle de sont découvert bancaire, la société peut réaliser l’escompte de traite non-échues pour se financer. Moyennant des intérêts et une commission, la banque avance les effets de commerce en attente de paiement. Cependant avec le développement du virement il est plus rare de réaliser ce type d’opération. Attention l’escompte comporte le risque de non-paiement du client, la banque demandera alors le remboursement du montant escompté à l’entreprise.

C’est l’un des outils les plus anciens de la banque moderne. AU XiX ème siècle la France comptait nombre de comptoirs d’escompte dans les villes les plus commerçantes. La BNP vient du Comptoir National D’escompte de Paris. Comme l’écrit A.Plessis : “C’est la politique de la Banque de France sous le Second Empire qui donne à l’escompte un puissant élan. À la fin du siècle, l’intervention massive des grandes banques de dépôt sur le marché de l’escompte offre aux entrepreneurs des crédits d’escomptes surabondants et à faible taux. La France a poussé plus loin que les autres la révolution de l’escompte, et elle en est fière…

Loi Dailly

La cession de créance Dailly est plus en vogue que l’escompte car les entreprises utilisent couramment les bordereaux Dailly pour leurs transactions, la gestion est souvent informatisée. Aussi la banque n’a pas besoin d’attendre l’acceptation du client pour faire une avance à l’entreprise. Comme l’escompte, en cas de non paiement la banque ne procède pas au recouvrement des créances.

Financement innovant

L’intérêt du financement de bas de bilan prend de l’importance et des nouvelles solutions de financement voient le jour comme edebex, invex, finexcap…

Financement haut de bilan

Plus connus du grand public, le financement du haut de bilan permet de financer une entreprise à moyen et long terme. La structure financière de l’entreprise peut se déséquilibrer à cause des pertes ou des investissements hasardeux.

L’emprunt bancaire

C’est la source de financement principale des entreprises, si les banques continuent de prêter malgré la crise, les conditions d’accès deviennent plus strictes. Pour les financements importants les banques peuvent se syndiquer pour partager le risque. Aussi, les grandes entreprises choisissent de plus en plus d’organiser elles-même le pool-bancaire pour mieux négocier les conditions. Les établissements de crédit ne manqueront pas de prendre des garanties et d’imposer des covenants pour s’assurer du bon remboursement de la dette.

Prêt d’honneur

Les entrepreneurs peuvent prétendre à des prêts d’honneur s’inscrivant en quasi-fonds propres du bilan. Le réseau entreprendre, initiatives France ou certaines unions de métier peuvent accompagner les créateurs d’entreprises sur des montants symboliques (quelques dizaines de milliers d’euros) mais importants pour débuter une activité et rassurer les investisseurs.

Capital risque

Aussi appelé capital investissement ou private equity, c’est un moyen de financement direct en capital. Les « capital-risqueurs » rentrent au capital de l’entreprise pour la soutenir financièrement, lui apporter accompagnement stratégique et bien sûr bénéficier d’une rémunération importante. On parle aussi de Business Angels lorsque les capitaux sont apportés directement par les personnes physiques, notamment pour le lancement du projet. Le capital risque peut intervenir à différents moment de la vie de l’entreprise : amorçage, développement, transmission, retournement… Le montage financier peut alors prendre ma forme d’un LBO (leverage to buy out), un financement par la création d’une holding qui portera la dette et rémunérée sous forme de prestation de service ou de dividendes (pour simplifier).

Compte courant d’associé

Les entrepreneurs ayant des liquidités peuvent prêter eux-même de l’argent à leur entreprise. Le compte-courant d’associé est donc rassurant pour les investisseurs car il témoigne de l’engagement financier du gérant notamment lorsque les fonds propres de l’entreprise sont faibles. Le comptes courant d’associé est généralement bloqué pour une durée d’un an, il est aussi possible de convenir d’un blocage des engagements sur plusieurs années. Aussi certaines entreprises mettent en place des comptes courants bloqués sous le modèle de l’épargne salariale pour récompenser les salariés et conserver des ressources stables dans l’entreprise (5 ans).

Introduction en bourse (IPO : initial public offering)

Introduire une société en bourse permet de toucher un nombre important d’investisseurs privés, notamment les petits porteurs. Outre le financement de l’entreprise, cette solution permet de développer sa visibilité et sa réputation. Pour réussir son introduction en bourse il convient de bien maitriser la communication financière pour motiver les investisseurs, aussi la politique de versement de dividende aura une grande importance pour fidéliser les actionnaires.

Financement obligataire (IBO : inital bond offering)

Le financement obligataire dévient très populaire car les places financières s’adaptent aux entreprises de plus petites tailles. Contrairement à l’introduction en bourse le capital ne se trouve pas dilué, cependant l’entreprise devra faire preuve de transparence auprès des agences de notation. Aussi il faudra assumer les échéances de remboursement à la lettre car la renégociation d’un prêt obligataire est très couteuse.

Placement privé

Similaire au financement obligataire, le placement privé s’effectue auprès d’investisseurs dédiés. Plus confidentiels ces financement sont réalisés par des banques de financement et d’investissement ou par des sociétés de gestion. L’entreprise évite alors les nombreuses formalités d’un appel public (notation, AMF, publication des comptes…). Ces placements offres une grande souplesse notamment en terme de sélection du risque (géographie, secteur d’activité…), les placements privés à hauts rendements (risques supérieurs) séduisent particulièrement les investisseurs américains.

Le financement participatif

Le crowdfunding est un mode de financement par la foule. Généralement destiné aux entrepreneurs et aux start up, le financement peut prendre la forme d’un don, d’un prêt ou d’une participation au capital. Pour rassembler un maximum d’investisseurs il faut présenter son projet sur une plateforme spécialisée et en faire la promotion notamment sur les réseaux sociaux.

Location et crédit bail

Le leasing est une solution idéale pour financer du matériel sans déséquilibrer son bilan, avec la possibilité d’en devenir propriétaire à la fin. Cette méthode de financement permet en effet de disposer d’un matériel sans le détenir par le paiement d’une redevance. En outre le loyer du crédit bail réduit la rentabilité de la société, donc son imposition. Il est aussi possible de refinancer sous forme de crédit bail un bien récemment acheté, cela s’appel le Leaseback. Alternative au crédit bail : la Location Longue Durée permet d’utiliser un bien moyennant une redevance et d’y associer de nombreux services comme l’entretien, l’assurance ou le remplacement en cas de panne. La location est particulièrement adaptée pour le matériel couteux tels que des véhicules spécialisés, des semi-remorques frigorifiques, les tracteurs agricoles ou des équipements industriels…

Love money

Lorsqu’on se lance dans un projet de création d’entreprise, de nombreux entrepreneurs font appel à leur famille et leurs amis, pour trouver les fonds nécessaires au lancement de leur activité. Mais il est parfois difficile de convaincre ses proches à investir dans un projet personnel et devenir actionnaire. Les personnes qui investissent dans une société non-cotées en bourse peuvent bénéficier de réductions fiscales (impôt sur la fortune et sur le revenu), cela peut être source de motivation.

Don

C’est une forme de financement qui s’adresse particulièrement aux associations. Cela permet au donateur d’obtenir une réduction d’impôt à hauteur de 66% du versement. Les jeunes entreprises peuvent aussi profiter des dons de bienfaiteurs, sans réduction d’impôt. Des outils simple comme le don via Paypal et des plateformes organisées facilitent cette pratique.

BPI

La Banque Publique d’Investissement est un acteur incontournable du financement des entreprises. Ce nouvel acteur de la finance regroupe les trois grandes entités : Oséo, la CDC (caisse des dépôt de des consignation) et le FSI (fonds stratégique d’investissement). La BPI soutien des projets risqués comme la création d’entreprise, l’innovation et la croissance par des investissements en fonds propres ou quasi-fonds propres.

Pole emploi

L’ACCRE, une aide au chômeur créant ou reprenant une entreprise, permet de conserver ses allocations chômage durant la création d’une société. De plus les cotisations sociales sont exonérées. En complément de ce dispositif, le prêt Nacre, permet d’obtenir financement d’honneur à taux zéro. Aussi, l’entrepreneur peut bénéficier de l’ARCE, une aide à la reprise ou à la création d’entreprise qui permet d’obtenir une aide représentant 50 % des allocations chômage restant dues.

Subventions

Il est possible de bénéficier d’une somme d’argent non-remboursable de la part de certaines collectivités, mairies, Chambres de Commerce et d’Industrie… Les subventions sont alors octroyées en fonction de nombreux critères (constitution d’un dossier de candidature, participation à un concours, installation dans la région…) et doivent être dépensées selon un plan de financement validé par les parties.

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Dans un prochain article nous étudierons quelques financements de groupe comme la banque intragroupe, la captive d’assurance, le cash pooling ou la convention de trésorerie et enfin la titrisation.

Aussi, nous découvrirons comment la notation -rating- des entreprises prend de l’importance pour le financement :

  • Financement spécialisé (affacturage, leasing, assurance crédit)
  • Obligations, placements privés, titrisation
  • Cotation BDF, Bâle 3 et Solvency 2
mm

David Audran

Responsable du blog CultureBanque. Expérience professionnelle en banque de détail, finance d’entreprise et analyse financière.

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