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L’évolution de l’épargne réglementée : zoom sur le Livret A

Le livret A, un placement de plus en plus délaissé selon le rapport annuel de l’Observatoire de l’épargne réglementée

La tendance actuelle dénonce clairement une baisse de l’attractivité du livret A. Les clôtures de ce produit d’épargne sont de plus en plus nombreuses. D’ailleurs, cette tendance est également suivie par les LDDS, dans une moindre mesure. Si cela s’explique par la faible rémunération de ce type de placements, cette diminution du nombre de livrets A et de LDDS est également le fruit de la loi Eckert. Toutefois, le nombre d’ouvertures de Livrets A est lui aussi en légère baisse. Il semblerait que de plus en plus de ménages français préfèrent investir dans des PEL à un taux plus avantageux. Enfin, même si le taux du LEP (Livret d’Epargne Populaire) reste très attractif, il reste un placement en marge, moins connu des personnes physiques que les autres livrets.

À propos de la loi Eckert :

Entrée en vigueur le 1er janvier 2016, la loi Eckert oblige les banques à recenser les comptes bancaires inactifs et en transférer les sommes non réclamées, à l’issue d’un certain délai et après en avoir prévenu le titulaire, à la Caisse des Dépôts et Consignations avant clôture du compte.

Vers une hausse des encours de l’épargne réglementée

Si le nombre de comptes d’épargne réglementée est en diminution, leur encours moyen, quant à lui, reste élevé. À titre d’exemple, près de la moitié des livrets A sont proches de leur plafond (22 950€ pour les personnes physiques et 76 500 € pour les associations).

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Image issue du rapport 2016 de la BDF

Le profil socio-démographique des épargnants

Les épargnants sur des livrets réglementés réalisent généralement de nombreux mouvements financiers sur leurs comptes bancaires. Qui plus est, cette tendance est encore accentuée par le développement de la banque à distance qui facilite les transferts d’argent d’un compte à un autre.

La majeure partie des encours est détenue par les épargnants de plus de 65 ans alors qu’ils ne représentent que 19 % de la population française au 1er janvier 2017. D’ailleurs, plus de la moitié d’entre eux place son argent sur un LEP, livret accessible uniquement en dessous d’un certain seuil de ressources. Les moins de 25 ans, quant à eux, sont davantage tournés vers les Livrets A, mais leur contribution à l’encours est plus réduite.

À l’heure actuelle, les ouvertures de livrets A sont majoritairement le fait des étudiants et des mineurs ou, dans une moindre mesure, d’une population inactive. Les LDDS, en revanche, sont plutôt plébiscités des employés ou des cadres.

Le livret A, un produit qui n’autorise pas la multi-détention

L’article L2213 du Code Monétaire et Financier précise qu’une « personne ne peut être titulaire que d’un seul Livret A ». En allant à l’encontre de cette loi, les épargnants s’exposent à une amende fiscale égale à 2 % de l’encours du livret concerné. Le dispositif de contrôle de cette loi ayant été renforcé, le nombre de Livrets A détenus par des personnes physiques a considérablement baissé. Néanmoins, cette statistique n’est en réalité révélatrice que de l’effort accompli par les réseaux bancaires pour épurer les stocks de livrets très anciens ou détenus simultanément dans plusieurs établissements financiers.

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David Audran

Responsable du blog CultureBanque. Expérience professionnelle en banque de détail, finance d’entreprise et analyse financière.

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Livret à taux boosté