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BPCE poursuit ses emplettes dans les fintechs avec le rachat de Fidor Bank

Et un rachat de plus, et non des moindres. Le 28 juillet, BPCE a annoncé, l’acquisition de l’allemand Fidor Bank, l’une des toutes premières fintechs bancaires, créée en 2009.

L’opération de rachat a été plutôt bien orchestrée puisque annoncée le jour des résultats du groupe bancaire, et suivie le lendemain d’une interview de François Pérol, le président de BPCE, aux Echos, rappelant ainsi sa stratégie. Le montant de l’acquisition n’a pas été dévoilé.

Fidor, banque 100% numérique, exerce en Allemagne (segment professionnels et particuliers) et au Royaume-Uni (uniquement sur les particuliers). Elle compte 120.000 clients et 350.000 membres de sa communauté. Fidor a en effet développé un modèle relationnel en rupture reposant sur une communauté. La relation de la banque Fidor est centrée sur le client qui, au travers de cette communauté, impose ses idées. La banque propose un espace communautaire permettant, aux clients et non clients, de poser des questions ou encore suggérer des idées de produits et services. Illustration de cet aspect communautaire : au Royaume-Uni, Fidor propose un taux d’intérêt sur son compte d’épargne selon le nombre de “like” sur sa page Facebook. Fidor est digitale : le client ne dispose pas de chèque et ne dépose pas d’espèces.

épargne fidor facebook

Fidor appuie par ailleurs son modèle sur une architecture ouverte et l’intégration de services tiers via des API (Application Programming Interface ou interface de programmation). Une seule contrainte : aucune fonction ne doit prendre plus d’une minute pour être validée. La technologie de Fidor est aussi utilisée en marque blanche. C’est de cette manière que l’opérateur télécoms Telefonica utilise l’infrastructure de Fidor pour sa banque mobile récemment lancée en Allemagne, sous la marque O2 Banking (https://www.o2online.de/banking/).

bank marque blanche

Avec cette acquisition, BPCE confirme son intérêt pour les fintechs. Le groupe présidé par François Pérol a déjà, par l’intermédiaire de sa filiale S-money, pris le contrôle du potcommun.fr, une cagnotte en ligne concurrente de Leetchi. Récemment, BPCE a racheté Depopass, une jeune pousse qui propose un chèque de banque dématérialisé. Depopass est une alternative numérique au chèque de banque pour accompagner les particuliers dans les paiements de véhicules et biens de valeur.

L’acquisition de Fidor par BPCE a été une surprise mais elle s’inscrit dans une stratégie des banques traditionnelles. Face à la montée en puissance des GAFA et des opérateurs télécoms dans les services financiers, facilitée par de nouvelles réglementations (DSP2), et plus encore, des nouvelles attentes des clients, les banques traditionnelles doivent repenser le parcours client et exploiter le numérique. Aux Echos, François Pérol a clairement précisé les objectifs du rachat de Fidor : “permettre aux Caisses d’Epargne et aux Banques Populaires d’accélérer leur transformation digitale” et “améliorer l’expérience client à travers le digital“.

Les banques et les fintechs

Pour les établissements financiers, banques et assureurs, plusieurs options s’offrent à eux pour contrer la menace de voir les nouveaux entrants leur grignoter des parts de marché ou les clients les quitter du jour au lendemain. Les banques peuvent créer leur propre “jeune pousse”, à l’instar d’Axa Banque avec Soon, et en faire un laboratoire d’idées et de services innovants. Banques et assureurs créent également des incubateurs afin de tirer profit des fintechs et insurtechs. A l’instar de BNP Paribas et l’accélérateur d’innovation de L’Atelier BNP Paribas, mais aussi Axa et son incubateur Kamet, doté de 100 millions d’euros, destiné à créer des start-up. Enfin, les établissements financiers ont aussi la possibilité d’investir et d’entrer dans le capital de ces nouveaux acteurs de la finance. Un phénomène qui s’amplifie. Allianz France a récemment créé un fonds dédié, baptisé InnovAllianz, actionnaire notamment de la plateforme de crowdfunding SmartAngels. Plus proche des préoccupations de BPCE et son opération récente, en février 2014, la filiale américaine de l’Espagnole BBVA s’est emparé de Simple. Une néo-banque créée elle aussi en 2009, après la crise des subprimes, mais lancée commercialement en juillet 2012. BBVA a acquis Simple pour 100 millions de dollars [et 100.000 clients : soit 1.000 dollars par client]. Pour BBVA, à l’époque, ce rachat avait les mêmes objectifs que BPCE avec Fidor Bank : renforcer la transition vers la banque digitale et donner à Simple les moyens de croître.

C’est aussi l’intérêt de l’opération entre BPCE et Fidor, donner les moyens à cette dernière de relever ses ambitions internationales.

Intervention de Kröner sur l’acquisition par BPCE : https://www.fidor.de/about-fidor/bpce

Rappelons que BBVA a aussi pris une participation dans la néo-banque Atom Bank Au Royaume-Uni. En France, le mouvement est aussi en marche depuis quelques mois. Le Crédit Mutuel Arkéa a pris le contrôle de l’outil de gestion des finances personnelles Linxo. Ce dernier a aussi vu le Crédit Agricole entrer dans son capital, et est aussi partenaire de la Maif pour la création de Nestor. Arkéa a aussi investi dans le service de gestion d’épargne Yomoni mais aussi dans Younited Credit (ex-Prêt d’Union), qui vient d’ailleurs de signer un partenariat avec une autre fintech allemande, spécialisée dans l’épargne, Raisin.

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Frédéric Bois

Responsable Pôle Innovations et Veille Transverse chez Sémaphore Conseil

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